Blogue du PMI-Montréal

Vibrez projet : Sortez vos vraies personalités !

Auteur : PMI-Montréal

Dans cette nouvelle série de blogues intitulés, VIBREZ PROJET, notre directrice de communication, Aliki Courmanopoulos, invite des membres du PMI-Montréal à discuter de l'impact de la gestion de projet dans leur vie quotidienne, leur choix de carrière et leurs perspectives uniques sur le futur de la profession. 

 

En cette première édition, membre PMI-Montréal et responsable de la communauté de pratique Planification et Contrôle, Fatemeh Erfanian, ing, PMP, MSc. et Aliki discutent le rôle d'un gestionnaire dans l'analyse des besoins et la philosophie de la gestion de projet. (temps de lecture : 5 minutes) 

 

 

    

 

ALIKI : Bonjour Fatemeh, merci de m’avoir accordé ton temps aujourd’hui. On commencera d’abord avec toi. C’est quoi ton rôle présentement, qu’est-ce que tu fais aujourd’hui en tant que gestionnaire de projet?

FATEMEH : Merci de m’avoir reçue ici. Je m’appelle Fatemeh Erfanian, je suis chargée de projet ingénieure à la Société québécoise des infrastructures. Mon histoire, c’est que j’ai commencé comme contrôleuse du projet, et à un moment donné j’ai dit : « Pourquoi ne pas aller plus loin? » Avec mon profil d’ingénieure, avec ma personnalité très curieuse qui fait en sorte que je veux savoir comment tout se passe, je me disais : « Moi aussi, je serais capable, et je vais réussir encore mieux que plusieurs chargés de projet! » (rires)

 

Ah! Tu voyais des projets et tu disais : « Je peux faire mieux que ça! » (rires)

Voilà! En étant « contrôleuse de projet », tu vois vraiment at large, donc ça te donne la vision globale, et ça donne des idées de la façon dont tu pourrais être meilleure si tu étais à la place du chef de projet.

 

Alors, en commençant, en faisant un peu tous les rôles en gestion de projet, on voit ce qu’on pourrait faire différemment des autres.

Tout à fait. Et maintenant, je suis chargée de projet ingénieure, gestionnaire de projet depuis trois ans et là, je vois la direction et je m’intéresse beaucoup au poste de direction! Je pense : « Comment pourrais-je améliorer les choses dans ce rôle aussi? » Je me mets toujours dans le poste que j’aspire à avoir et là, je dis : « Et si j’étais là? Qu’est-ce que je ferais différemment? » Tu vois? L’approche « amélioration continue » pour la vie!

 

Comment la gestion de projet vous aide-t-elle dans votre vie personnelle?

La gestion de projet pour moi, ce n’est pas seulement un skill, c’est plutôt une mentalité, c’est plutôt une philosophie, c’est une passion dans la vie. Même pour acheter une première maison, on avait une grille d’analyse, genre de tous les critères (rires) que ça nous prend dans la vie, tu vois? Et les objectifs de chacun en tant que couple. Genre : qu’est-ce que je veux, qu’est-ce que mon mari veut et comment mettre ça dans un fichier Excel avec trente critères pour dire « Voici les maisons qu’on visite… »

 

Analyse de besoins, identification de scope, c’est comme ça que vous avez trouvé votre maison?

Tout à fait : analyse des risques, analyse des parties prenantes, nos besoins, analyse de l’échéancier, analyse du budget, bien, tout ça, là…

 

Mais s’il y avait des skills, c’est quelque chose que tout le monde devrait apprendre comment faire pour faire ces genres de gros milestones adultes, dans nos vies personnelles : savoir juste que « il existe des gabarits que vous pouvez utiliser pour prendre des décisions qui sont en lien avec vos vrais besoins et pas juste aléatoires. »

Tout à fait. Donc, c’est… la gestion de projet pour moi, en conclusion, c’est la vie.

 

Quelles sont les forces d’un bon gestionnaire de projet?

La force de la gestion de projet pour moi, dans les livres qu’on lisait à l’école, c’était de bien communiquer. Maintenant, avec réflexion et avec tout ce que j’ai appris pendant des années, selon l’expérience, pour moi, c’est de connaître la personne qui est devant toi avec tous ses besoins. Qui se traduit comme client, qui se traduit comme partie prenante…

 

C’est plus que la communication, c’est plus que les parties prenantes, c’est… chaque personne doit comprendre c’est quoi la valeur ajoutée du travail que tu vas faire pour eux. Analyser les besoins, et pas juste ceux du projet, mais ceux des gens devant toi.

Tout à fait. Analyser les gens devant toi pour comprendre comment créer de la valeur ajoutée pour ces gens-là.

Donc, des communications très personnalisées, vraiment adaptées à tes besoins. Je comprends ce que tu veux, je te connais, je connais exactement tes besoins et je suis là pour ne pas répondre à tes besoins, mais à dépasser tes besoins, tes attentes!

 

Mais ça, ce n’est pas la bonne gestion de projet dans le PMBOK! Dans le PMBOK, ça, c’est du gold-plating et on n’est pas censés dépasser les besoins du client.

Très bon point, Aliki! Et j’ai vraiment beaucoup de points à dire là-dessus, là!

 

Est-ce que ça veut dire que, la réalité de la gestion de projet, ça ne se peut pas de traduire nécessairement dans ce genre d’humanité, de dépasser les attentes de quelqu’un. Le côté humain, ça ne se traduit pas dans un paragraphe dans un livre ?

Exactement. Je suis absolument d’accord. Je suis vraiment là pour dire à tous les bons gestionnaires de projet qu’il faut toujours regarder à long terme, car je vais comprendre c’est quoi les besoins stratégiques derrière mon projet et je vais essayer de créer la valeur. Maintenant, si ce que je propose dépasse mon budget ou mon échéancier, là, je suis capable de dire : « Regardez, je suis en train de faire votre projet, mais si vous voulez créer de la valeur pour le client, voici jusqu’où nous pourrons aller, et j’ai tout ça à offrir. » Mais là, mon rôle de gestionnaire de projet, c’est de convaincre les autres. Et je vous dis une chose : si je suis convaincante, c’est sûr qu’ils vont dire oui!

Pour savoir comment être un gestionnaire de projet influenceur, inscrivez-vous à l'atelier L'Art de convaincre le 12 septembre prochain ! 

 

Donc, le minimum d’un gestionnaire de projet, c’est de livrer un projet correspondant aux attentes du client, mais un bon gestionnaire de projet est capable de le convaincre de la valeur ajoutée de tout ce qu’il peut apporter à long terme.

Exactement. Je dis tout le temps ça à mes clients « Je ne suis pas là pour seulement vous faire un projet, je suis là pour vous dire que vous êtes importants pour nous, et si je suis capable de créer de la valeur ajoutée, je vais le faire. »

 

Comment réussir à être une ressource en gestion de projet, une ressource technique? Donc, comment améliorer nos compétences techniques tout en améliorant notre gestion de projet?

En tant que jeune professionnelle, cette question, ça m’a pris… trois ans à répondre! Avec des jasettes avec tout le monde lors des événements PMI avec des gens expérimentés et autres… pour comprendre : je ne suis pas quelqu’un de technique, mais je gère vos projets techniques! J’ai fait les projets de construction, j’ai fait les projets TI, j’ai fait les projets pétroliers, est-ce que je pourrais être experte en tout? Non, jamais! Mais au début de ma carrière, ça me démotivait. Les gens techniques, des fois, ils sont envahissants. Ils veulent te faire comprendre qu’à cause que tu ne connais pas la technique, tu ne vas pas faire un bon gestionnaire de projet. Le message que j’aimerais vraiment véhiculer aujourd’hui, c’est : ne vous découragez pas les gestionnaires de projet, il y a des façons de gérer ça! L’erreur que je faisais, c’était d’aller voir la personne et de lui demander : « Est-ce que tu pourrais me montrer ça? » Et ils ont été plus ou moins à l’aise de me le montrer parce qu’ils disaient : « Mais quand même, je suis la personne technique et elle est nouvelle et arrive dans notre organisation et je dois tout lui expliquer?!!! » Maintenant, c’est mon chum qui m’avait fait apprendre(parce que lui, c’est quelqu’un de technique). Il m’a dit : « Avant d’aller voir la personne technique pour qu’il t’explique les affaires techniques, fais tes recherches. »

 

Google it first !

Tout à fait!

 

Bien, moi, je suis convaincue que juste de faire des recherches avant de commencer à poser des questions, ça te permet de poser des questions plus intelligentes, puis de démontrer à la personne que tu t’intéresses vraiment à la question. Ce n’est pas juste « parce que j’ai besoin de comprendre pour bien te diriger », mais plutôt que « je veux comprendre plus pour mieux gérer le projet ensemble ».

Exactement! Tout à fait! Tu as tout dit, là! « Je m’intéresse à toi. Je veux comprendre pour t’aider, pas pour te gérer. »

 

Bien, parce que c’est… il n’y a personne qui veut commencer à expliquer toute la terminologie de base quand ils ont autre chose à faire!

Exactement. Les gens sont débordés. Il faut les comprendre. Il faut comprendre qu’ils ont passé leur vie à comprendre cette technique et nous, on arrive, et on a besoin de savoir ça vite, vite, vite! Parce que le projet, il ne va pas nous attendre! Par contre, il faut prendre le temps de faire un minimum de recherches, mais une recherche efficace, là, pour comprendre les bases, comme tu dis, tu arrives là, tu dis : « Voici ce que je comprends de la situation. »

 

Plutôt d’avoir un avis, qu’est-ce que tu comprends de la situation? Est-ce qu’on comprend la même chose ou est-ce qu’il y a un pont à faire entre nous deux?

Exactement!

Ça m’a aidée, là! On ne pourrait pas voir, en fait, on ne pourrait pas imaginer comment je me sens plus confiante et maintenant, j’arrive dans n’importe quel domaine, là, et à cause que j’ai compris le principe, je pose des questions pertinentes et les gens adorent ça! Et ils vont me donner beaucoup plus que ce que je demande.

 

Ça, c’est un bon point : quand tu poses des questions pertinentes, ils te donnent plus parce que les gens adorent parler de ce qu’ils font.

C’est leur passion! C’est leur vie!

Et la deuxième consigne que j’ai : vraiment, faites ressortir votre vraie personnalité. Ne soyez pas  mindé travail, mindé projet tout le temps « Ah! J’ai besoin de ça! Il faut que je voie la personne ressource vite! » Non! Soyez naturel. Aller quelque part, parlez de notre vie humaine je comprends la vie professionnelle, mais ce n’est pas seulement la vie professionnelle, on a la vie personnelle qui chapeaute et qui est beaucoup plus importante que notre vie professionnelle. Notre vie professionnelle, ça fait partie de notre vie personnelle.

 

Partage-le!

Soyez un peu curieux! C’est ma philosophie de vie, là! J’adore apprendre et j’aime encore mieux partager.

 

Lire la deuxième partie de l'entrevue ici : https://www.pmimontreal.org/blog/vibrez-projet-sortez-vos-vraies-personalites-avec-fatemeh-erfanian-partie-2--3448

 

 

 

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