Blogue du PMI-Montréal

Valoriser la valeur acquise

Auteur : Kevin Korterud

ECHOS DE LA GESTION DE PROJET : IDÉES ET OPINIONS DE GESTIONNAIRES DE PROJET

Le plus puissant (et, souvent, le moins compris) indicateur de progression d’un projet est la valeur acquise, soit la mesure du progrès véritable sur les progrès planifiés.

La valeur acquise est prisée parce que le terme même évoque des attentes, des émotions et des visions positives pour l’entreprise. En réalité, un gestionnaire de projet qui ne mesure pas la valeur acquise et n’en présente pas les résultats aux commanditaires du projet se retrouvera avec des nombres sans cesse changeants, menant soit à des réjouissances précoces, soit à de fortes disputes.

 

J’ai découvert que les gestionnaires de projet qui suivaient avec succès la progression d’un projet grâce à la valeur acquise avaient tous un point en commun : ils allouent autant d’efforts à la présentation de la valeur acquise qu’à son implémentation. Inspirez-vous de ces quelques astuces pour faire de la valeur acquise une donnée compréhensible :

 

  1. Déterminer les activités qui créent de la valeur. Le chemin le plus court vers l’échec est d’inclure toutes les activités d’un projet dans le calcul de la valeur acquise. Faire ainsi peut fausser les résultats de progression en incorporant les tâches administratives, comme les réunions de lancement ou sur l’état du projet, qui ne participent pas au progrès actuel du projet. Afin d’éviter les attentes trompeuses, ne comptez que les éléments essentiels dans ce calcul, notamment les activités à haut risque, la diminution de la dépendance externe et toute activité déployant de grands efforts.

 

  1. Créer des paliers standards en matière de valeur acquise. Un autre piège à éviter est de permettre les déclarations de progrès trop optimistes ou tout à fait fausses. Vous avez sans doute tous déjà entendu à multiples reprises des phrases comme : « Le travail est fait à 99 pour cent, il ne nous reste qu’à faire… »

 

Pour éviter ce genre de situation, créez des paliers de progression plus conservateurs. Par exemple, un projet livré pourrait être évalué à 75 pour cent complété, les 25 pour cent restants désignant le processus de confirmation et d’évaluation du commanditaire du projet.

 

  1. Communiquez clairement avec vos commanditaires de projet. Un de mes souvenirs les plus mémorables concernant la communication avec les commanditaires est arrivé récemment lors de la première réunion sur l’état d’un projet. Après plusieurs semaines d’attentes sans cesse grandissantes en matière de valeur acquise de la part des commanditaires, le gestionnaire de projet s’est levé et a annoncé : « Notre SPI s’élève à ,92. » Il va sans dire que sa révélation a été accueillie par un long silence, des regards interrogateurs et beaucoup de sourcils froncés de la part des commanditaires. Évitez ce genre de tensions en communiquant, en termes qui sont à la portée du plus grand nombre, ce que la valeur acquise peut faire et ne peut pas faire. Rendez le tout plus compréhensible en contextualisant l’information, en comparant la valeur acquise d’autres projets, et façonnez vos communications avec les commanditaires avec des techniques de visualisation. Par exemple, présentez un graphique montrant les prévisions de valeur acquise en opposition avec l’état actuel de la valeur acquise du projet.

 

La valeur acquise peut être un des indicateurs les plus révélateurs de la véritable progression d’un projet, tant et si bien qu’elle soit évaluée et présentée correctement.

 

Comment mesurez-vous la valeur acquise? Quelles sont vos astuces pour présenter la valeur acquise à vos commanditaires?

 

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