Blogue du PMI-Montréal

Une mesure pour les gouverner tous

Auteur : Kevin Korterud

ECHOS DE LA GESTION DE PROJET : IDÉES ET OPINIONS DE GESTIONNAIRES DE PROJET

On dépend souvent d’un nombre d’indicateurs pour réussir à connaître l’état véritable des progrès d’un projet. Ces indicateurs peuvent être discrets, comme l’indice de rendement du calendrier, ou plus subjectifs, comme la prévision des dates d’achèvement basée sur les expériences passées.

On me demande quotidiennement quels sont mes indicateurs de progrès préférés. En d’autres mots : si je me retrouvais sur une île déserte avec un rapport d’état de projet n’ayant qu’un seul indicateur, lequel choisirais-je?

 

Après mûre réflexion (et en espérant avoir mieux qu’un rapport pour survivre sur une île déserte!), je crois que je sélectionnerais le paramètre d’estimation à l’achèvement, ou ETC. Voici pourquoi :

 

  1. L’ETC des tâches m’en apprend plus. D’abord, il sert à mesurer le travail qu’il reste à effectuer sur une tâche. Toutefois, le paramètre ETC appliqué à cette échelle peut aussi donner une idée de ce qui se passe dans tout le projet. Pour parvenir à appliquer l’ETC aux tâches, le membre d’équipe de projet doit tenir compte du travail qu’il reste à faire, évidemment, mais aussi d’une foule d’autres facteurs, comme les capacités en matière de ressources, la disponibilité des ressources, les dépendances du projet et les retards. La rigueur qu’il faut mobiliser pour ce faire pousse les membres d’équipe à réfléchir aux multiples variables qui peuvent influencer le travail qui reste à accomplir. De cette façon, l’ETC nous en dit beaucoup plus qu’un simple nombre.

 

  1. La réduction de l’ETC mesure le vrai progrès de près. L’idéal est de revoir ses estimations hebdomadaires à la baisse de façon régulière, au même rythme que les actifs à la tâche. Toutefois, les ETC ne vont pas toujours en descendant, à cause d’une foule de facteurs que le gestionnaire de projet doit investiguer. Le rythme peut en effet ralentir à cause d’autres projets chronophages, de délais de livraison causés par d’autres équipes ou une augmentation du travail à accomplir.

 

  1. L’ETC permet de trouver les grands enjeux d’un projet. Il arrive qu’un membre d’équipe ne puisse arriver à réviser son ETC à la baisse. Un empêchement de la sorte est un très bon indicateur que tous les éléments nécessaires à l’accomplissement d’une tâche ne sont pas en place. Le gestionnaire de projet devrait chercher à remédier à la situation et placer le manque de perspective au centre des enjeux de son projet. Il peut faire appel à des spécialistes dans certains domaines, réassigner les tâches à un autre membre d’équipe plus compétent ou encourager la communication avec les autres équipes de projet pour recevoir une rétroaction.

 

  1. L’ETC à l’échelle du projet donne des résultats. En rassemblant les ETC des tâches, on obtient une ETC du projet lui-même. Le fait de comparer les ETC de projet actuel et passé permet de trouver les enjeux majeurs du projet. De plus, l’ETC de projet vous aide à évaluer l’habileté de l’équipe à compléter le projet à temps, pour ainsi augmenter vos actifs, si nécessaire.

 

Bien que je préfère évidemment avoir plusieurs indicateurs à ma portée dans l’évaluation des progrès d’un projet, je me rends compte que je reviens souvent à l’ETC, parce qu’elle est un moyen efficace de déterminer la progression d’un projet ainsi que les facteurs qui aident ou nuisent à celui-ci.

 

Et vous, quel est votre indicateur préféré? Quelles sont les autres manières d’utiliser l’ETC dans un projet?

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