Blogue du PMI-Montréal

Leçons apprises : à prendre ou apprendre?

Auteur : Louis Duchesne, Force projets Conseils

Pourquoi est-ce si ennuyeux de consulter les leçons apprises (i.e. retour sur l’expérience) de projets antérieurs avant de se lancer dans son propre projet? L’idée de tirer parti des erreurs des autres est pourtant pleine de bon sens : être mieux informé, prendre de meilleures décisions et ainsi mieux performer et réussir son projet. Qui serait contre ça?

À moins de faire partie d’une organisation qui gère systématiquement ses connaissances et force la revue des leçons apprises de projets antérieurs dans sa planification de nouveaux projets, le processus de leçons apprises est soit informel et dépend de l’initiative du gestionnaire de projet, soit formalisée mais pas mis en application pour une majorité d’organisations.

 

Eh bien non, je ne vais pas argumenter que c’est terrible, mais simplement faire le constat que c’est tout à fait compréhensible, et même souhaitable!

 

Répéter des erreurs qui auraient pu être évitées n’est sûrement pas souhaitable me direz-vous. Effectivement, mais le fait que le réflexe premier d’un gestionnaire soit d’expérimenter s’inscrit dans une démarche d’apprentissage. C’est sain et c’est sûrement souhaitable que nos gestionnaires veuillent apprendre. On reconnait maintenant l’apprentissage comme partie intégrante de notre cheminement professionnel et personnel, et cette tendance s’accentue d’année en année. Les professionnels de tous les milieux sont de plus en plus exigeants par rapport à leurs conditions de travail, et l’apprentissage joue un rôle primordial dans la réalisation de soi et la satisfaction au travail.

 

Alors, on évacue les leçons apprises?

 

Bien sûr que non. Il faut simplement comprendre qu’elles peuvent s’intégrer de façon complémentaire au processus d’apprentissage social et expérientiel qui a lieu de façon normale tout au long d’un projet.

 

Ainsi, au lieu de revoir les risques d’un projet au complet on pourrait intégrer à son projet des éléments historiques en fonction de leur pertinence pour le projet et les membres de l’équipe à un moment donné ou à une phase précise du projet.

 

L’idée est de rendre vivant et interactif un exercice autrement assez pénible et nous permettre d’apprendre par la pratique.

 

Une application intéressante de ce principe, dans une optique d’amélioration continue cette fois, est le Pause and Learn (PaL) de la NASA : de courtes rencontres informelles pendant la durée du projet pour (comme le nom le dit) faire une pause et réfléchir sur ce qu’on a appris jusqu’à maintenant et essayer de l’appliquer dans le reste du projet. Les rencontres sont courtes car on se limite à un sujet et il n’y a pas de compte rendu! Le SCRUM prône aussi ce genre d’activité après chaque sprint (itération).

De beaux moyens pour stimuler l’apprentissage tout en assurant le succès de nos projets!

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