Blogue du PMI-Montréal

Le besoin de développer du courage

Auteur : Tsimi Nkoa

Dans son livre On Becoming A Leader, le défunt Warren Bennis indique que les leaders « sont responsables de l’efficacité des organismes ». De plus en plus, on décrit le climat économique actuel en utilisant des expressions comme « croissance lente » et « volatilité accrue », démontrant que l’incertitude fait maintenant partie de l’équation. Les projections budgétaires demeurent que des projections.

Mes impressions du monde des affaires lors des dix dernières années ont été influencées par cette nouvelle réalité. J’en ai conclu que les gestionnaires ont tendance à traîner : ils ne prennent des décisions que s’ils peuvent assurer des résultats à court terme. Ils semblent attendre que le marché ou qu’une crise se stabilise et d’avoir un meilleur portrait de la situation avant de prendre une décision.

 

C’est un piège qui, évidemment, entraîne des conséquences : on exécute moins, on sert moins bien sa clientèle et la performance organisationnelle en souffre.

 

Les gens imitent leurs leaders

 

Mes nombreux échanges avec plusieurs directeurs portant sur la philosophie de leadership au cours des quinze dernières années m’ont amené aux conclusions suivantes :

 

  • Si la direction générale retarde la prise de décision, la même chose se produira dans le reste de l’organisme
  • S’il y a des désaccords parmi la direction générale, le cloisonnement administratif se répandra dans tous les paliers de l’entreprise
  • Si l’honnêteté, l’intégrité et la prise de risques ne sont encouragées, on empêchera plutôt le développement de projets, mettant fin tôt ou tard à aux opérations de l’organisme (ou pire encore)

 

Les gestionnaires intermédiaires ont la tâche la plus difficile, ayant à exécuter les mots d’ordre tout en faisant des économies afin de faire avancer les choses. Ils ont aussi tendance à déléguer vers le haut, entraînant une détérioration de la situation.

 

Les projets sont essentiels à la survie d’un organisme

 

Un organisme se renouvelle grâce à ses projets et à ses initiatives, comme lancer de nouveaux produits et services, et améliorer ses stratégies, ses processus et ses normes de performance, entre autres.

 

Malheureusement, l’instabilité actuelle du marché amène les gestionnaires à vouloir rentabiliser leurs projets trop rapidement, en moins d’un an. Il y a quelques années, lors d’une évaluation, mon patron m’a demandé, « Pourquoi devrais-je investir des ressources dans un projet qui n’aura des retombées que dans trois ans ? »

 

Puis, parfois, on annule des projets ayant un grand potentiel afin de répartir les ressources à des projets existants profitables, mais sans avenir. Ou encore, on impose des compressions budgétaires dans les départements connexes tels qu’en marketing, en publicité et en administration, entre autres, empêchant ainsi aux organismes à respecter leurs engagements.

 

À la lumière de tout cela, deux questions me sont venues à l’esprit :

 

 

Il nous faut du courage

 

Je fais face à des défis de gestion et de leadership tous les jours, tout en gardant un esprit d’ouverture. Le leadership est personnel à chacun, et chacun doit se l’approprier afin de le développer.

 

La première question portant sur nos comportements a été abordée par A.G. Lafley, auteur de Playing To Win. « La plupart des leaders n’aiment pas prendre des décisions. Ils préfèrent avoir plusieurs possibilités en vue. » Il ajoute que « la prise de décisions lie leurs mains et entraîne une prise de risque personnel désagréable ».

 

Puis, on aborde la deuxième question : que faire ? Eh bien, les gestionnaires et les professionnels doivent faire preuve de courage. Ils peuvent ainsi avoir un impact positif. Chaque employé doit contribuer à trouver des solutions, plutôt que d’attendre que les cadres supérieurs le fassent. Un gestionnaire détient un pouvoir discrétionnaire qui lui permet d’essayer de nouvelles choses, et il doit s’en servir.

 

L’ancien maire de New York, Rudy Giuliani, indique que le courage est la qualité la plus importante en leadership, affirmant qu’il « est impossible de vivre sans prendre de risques et s’attendre à de gros succès ».

 

On peut développer son courage de deux façons. D’abord, donnez le meilleur de vous-même dans ce que vous accomplissez et appropriez-vous votre développement. Ensuite, créez et entretenez un réseau efficace au sein de l’organisme, mais aussi à l’extérieur de l’organisme.

 

Ces deux notions vous permettront de créer des occasions et développer des compétences, vous permettant de prendre votre place et de vous épanouir.

 

Vous direz que cela demande beaucoup d’efforts personnels. Vous avez raison. Jeff Immelt de General Electric a un message qui s’adresse tant aux organismes qu’aux employés : « Dans notre monde, si vous n’êtes pas prêts à investir dans votre avenir, même dans des moments d’incertitude, si vous n’êtes pas prêts à vous avancer avec détermination et en visant des objectifs, il n’y aura pas de vent pour vous porter. Il ajoute, « Ce sont les investisseurs qui sont les grands gagnants, en ce moment. Les gens prêts à mener auront plus de succès que ceux qui ne le sont pas ».

Inscrivez-vous pour la conférence Matinée PMI Changer l'ordre des choses par Tsimi Nkoa, le 14 octobre 2015 ! (conférence en anglais)

 

Références :

  1. Warren Bennis, On Becoming A Leader, Basic Books (2009)
  2. A.G. Lafley, Roger L. Martin, Playing To Win, Harvard Business Review Press (2013)
  3. Citation de Rudy Giuliani d’une allocution au Rudman Center for Justice (University of New Hamsphire) prononcée le 22 avril 2014
  4. Toutes les citations de Jeff Immelt proviennent d’une allocution prononcée à Varsovie, en Pologne, le 7 mai 2005, émis par General Electric

 

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