Blogue du PMI-Montréal

En bonne compagnie : gestion de projet, de programme et de portefeuille

Auteur : Lung-Hung Chou

Tiré du blogue Voices on Project Management

À la fin de ce mois-ci, Cloud Gate, compagnie de danse taïwanaise, célébrera son 40e anniversaire avec la présentation de leur nouvelle œuvre, « Rice ». Le fondateur de la compagnie, Lin Hwai-Min, est lauréat de moult prix et jouit d’une réputation internationale.

En 2013, les États-Unis lui donnaient le Samuel H. Scripps American Dance Festival Award pour l’ensemble de son œuvre. L’Allemagne faisait de même en 2009 en lui offrant le International Movimentos Dance Prize, et en 2005, le Time magazine lui remettait le Asia’s Heroes Award.

 

« Rice » représente l’accumulation du travail de la compagnie depuis les 40 dernières années. Elle n’aurait toutefois jamais pu voir le jour sans le talent de M. Lin… et de son équipe de gestion. L’engagement de cette dernière a permis au chorégraphe de se concentrer sur son art. Il n’en a pas toujours été ainsi. En effet, à ses débuts, M. Lin s’occupait de tout : de l’enseignement, des chorégraphies, de la mise en scène, du marketing et du financement. La charge de travail le laissait sans énergie et minait grandement sa créativité.

 

Rapidement, M. Lin est venu à la conclusion qu’il devait bâtir une équipe de gestion pour Cloud Gate. Aujourd’hui, la compagnie sépare ses activités en trois parties. La première concerne la performance artistique. La deuxième vise la formation des artistes, chorégraphes ou danseurs. Finalement, la troisième partie s’occupe de la promotion et de la participation de la compagnie à des activités culturelles diverses. Les trois unités se chevauchent et forment un programme cohérent qui assure l’image de Cloud Gate à l’international. En cela, la gestion de cette organisation ressemble à la gestion d’un portefeuille, avec la division de ses objectifs organisationnels en différents projets ou programmes.

 

Les gestionnaires de Cloud Gate savent tous qu’ils sont là pour faciliter le travail créatif de M. Lin et de toute l’équipe. Ils sont également conscients que c’est leur travail qui permet de financer les performances des artistes, de garder à Cloud Gate à flot et de conserver leur emploi. Ils agissent ainsi à la fois comme commanditaires et comme parties prenantes essentielles. Puisque le théâtre est un monde de détails, les gestionnaires sont devenus extrêmement compétents pour résoudre les problèmes de façon efficace, et pour discerner ce qui est important et pour l’art, et pour l’entreprise. Parce qu’ils font partie du processus créatif, ils ont appris à être souples dans leur manière de travailler avec les artistes.

 

Avec le temps, la multitude de chorégraphies créées par la compagnie a mené à sa survie. Cloud Gate a en effet accumulé plus de 160 portraits qui, combinés, peuvent satisfaire n’importe quel public. Les chorégraphies reposant sur des contes traditionnels chinois, comme « The Dream of the Red Chamber » et « The Tale of the White Serpent » plaisent au public de l’Empire du Milieu, alors que les portraits plus abstraits, comme « Cursive », font la joie du public européen. L’inclusion de différents portraits dans les performances permet à Cloud Gate de se construire un nouveau public tout en gardant la loyauté de ses admirateurs déjà conquis.

 

Et vous, travaillez-vous dans l’industrie des arts et de la culture? Quel est le rôle de l’équipe de gestion?

 

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